Un album français contemporain : « Fugues » de Romain Guérin

C’est comme si l’on en pleurait… Le poète et romancier Romain Guérin, déjà auteur d’un essai remarqué sur le jeûne, d’un roman sur l’état de la France vu par une Française d’antan qui a provoqué son passage sur TV Libertés, ainsi que d’un recueil de poèmes totalement original, pétri d’un talent adepte des anciennes formes de la poésie française et d’une inspiration baroque, est également un chanteur-compositeur au lyrisme puissant, qui a la qualité des « écorchés vif » (comme il confessait l’être dans une passage d’une émission de la chaîne de Tepa).

 

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Une part de France soutient cet album, celle du Baudelaire qui a fait la révolution de 1848 en accompagnant la révolte du peuple, celle des Gilets Jaunes des débuts (les patriotes au sens noble du terme, les vrais révoltés, ceux pour qui renverser le régime républicain n’était pas un vain mot, ceux pour qui manifester voulait dire quelque chose et n’était point une habitude quasi mensuelle).

 

Fugues est porté par un souffle tantôt rageur tantôt évanescent. Les chansons évoquent souvent un homme seul contre tous, contre la marée du politiquement correct un peu à la façon de l’album de Christoff BZH (l’excellent L’Armée du Silence sorti en 2017, teinté, quant à lui, de folk et d’une forte couleur locale bretonne) qui a d’ailleurs participé à un titre.

 

Son album est porté par un lyrisme puissant, traversé nerveusement par un souffle nirvanesque, ainsi qu’une sonorité pop-rock légèrement teinté d’accent folk mais d’un style pop-rock authentique, aussi éloigné que ce peut de ce sous-genre actuel qui passe dans les radios mainstream, et qui a pourtant eu ses lettres de noblesse il y a maintenant peut-être deux décennies et dont seuls quelques rares albums contemporains rappellent la gloire d’antan.

 

On respire sur cet album parce qu’il est profond – et l’on en pleure presque, tant le chant de Guérin et les orchestrations sont justes et puissantes, et touche au plus profond du cœur du Français dans notre penchant anarchiste de droite… Et, dans les chants d’espérance et d’amour, la lyre de Guérin touche en plein cœur à la catharsis (comme sur « La Nausée » – c.f. plus bas -), elle nous délivre des mauvaises passions et nous retrouvons une âme qui nous libère du négatif par cette rage même, et ce chant de France retrouvant sa fierté, sa noblesse, sa juste rage.

 

La chanson qui a peut-être notre préférence est la mise en musique du poème « Aux Modernes » du poète Leconte de Lisle où ce dernier, déjà, à la fin du XIXème siècle, conspue ces contemporains d’une manière radicale. La version chantée de Guérin est portée par une voix parfois légèrement tremblante évoquant la colère légitime envers beaucoup de nos contemporains quand le refrain est un véritable hapax où la guitare électrique prend une distorsion toute grungesque.

 

Par ailleurs, l’album est vraiment entier, abouti de bout en bout, dû à une production soignée, fine, attentive aux détails. On ne saurait vraiment trop le recommander.

 

Acheter l’album de Romain Guérin : ici

Celui de Christoff BZH : ici

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